Inspire Afrika

Dans son premier spectacle, Yennenga, l’épopée des Mossé, produit en 2008, Roukiata Ouédraogo raconte l’histoire d’une héroïne. Une sorte de Jeanne d’Arc Africaine, qui a défié l’autorité de son père, le Roi, pour prendre son destin en main. Il se trouve que cette héroïne, qui est un vrai personnage historique au Burkina Faso, est son aïeule, une féministe avant l’heure. C’est donc naturellement que s’il fallait décrire Roukiata, on la qualifierait de féministe, même si, comme elle le dit, elle est « beaucoup de choses à la fois ». Comédienne, auteure et chroniqueuse franco-burkinabé, Roukiata Ouédraogo utilise son art et sa poésie pour dénoncer l’excision dont elle a été victime à l’âge de 3 ans. A 39 ans, la scène est sa plateforme, son espace de revendication et de liberté.

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Du Burkina à Paris ou la revanche de « Rouki »

« C’est une belle revanche »: Burkinabè immigrée à Paris, Roukiata Ouedraogo a été caissière et femme de ménage avant de remplir les salles en humoriste d’une Afrique décomplexée. Marraine de la Journée de la Francophonie le 20 mars, celle qui avait « honte » de son français lira la dictée à des millions de francophones.

A Ouagadougou, la petite « Rouki » était dans une classe « de 180 élèves » où le professeur « nous éduquait à coups de courroie de mobylette ». Pour réaliser son rêve et devenir styliste, Roukiata monte donc dans l’avion pour Paris, à tout juste 20 ans et le bac en poche. « J’ai eu de la chance, d’autres y vont à la nage », raconte-t-elle à l’AFP dans un de ces éclats de rire tonitruants qui ponctuent chacune de ses paroles.

Mais le mythe éclate: à Paris, une conseillère d’orientation lui rit au nez quand Roukiata lui parle de son ambition dans la mode. « Elle me propose un métier proche: travailleuse sociale », raconte-t-elle.

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